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La couleur des aliments

extrait du mémoire de Master 2 Histoires et Culture de l'alimentation

Nous assistons à la progression rapide de l’industrialisation et de la consommation….

Cette époque a connu bien des bouleversements à travers le monde, les deux guerres mondiales entraineront des restrictions et un ralentissement des innovations, les recherches chimiques ne concernent pas vraiment la couleur ou l’apparence des aliments mais plutôt le rendement et la productivité.

[1]

L’émission Visa pour l'avenir, produite par l’ORTF et diffusée en 1964 sous le titre : « le pain et le vin en l’an 2000 »[2], illustre le climat dans lequel les consommateurs d’alors appréhendaient leur nourriture.

Le programme débute par la présentation d’une famille qui déjeune dans la pure tradition du repas à la française ; assis autour d’une table nappée, la mère et les deux enfants et le père placé en chef de famille en bout de table forment une famille française traditionnelle de ce début des années 60.

Lorsque Nicolas, le père de famille est interrogé sur le contenu de sa lecture qui lui donne un air grave : « Nicolas, ça ne va pas ? » questionne la voix du journaliste… Nicolas est effectivement inquiet par le contenu de son repas et se demande si tout cela est bien nécessaire et sans danger , la liste est complète : un nouveau produit chimique a été ajouté au pain pour l’empêcher de durcir ; le Monostéarate, le vin est coloré, les pommes couvertes d’insecticides, la viande provient d’animaux engraissés aux antibiotiques, la salade aux engrais chimiques… cette inquiétude de Nicolas reflète le manque de confiance d’une certaine partie de la population des années 60 qui pensait s’empoisonner lentement chaque jour.

Les fruits et les légumes sont-ils encore dignes de confiance ? La protection contre les risques provenant de l'industrialisation des aliments est-elle efficace ?

Le laboratoire coopératif d'analyses et de recherches de Gennevilliers, fondé par des consommateurs, effectue des prélèvements et des analyses sur les aliments vendus en magasin. On a pu y mettre en évidence la présence dans des sucettes de colorants interdits, en effet sur 226 échantillons analysés il a été relevé 416 colorants dont 7 qui n’étaient pas autorisés par la législation d’alors.

Les colorants sont les additifs les plus visibles confie François CUSTOT (Directeur du Laboratoire coopératif d'analyses et de recherches), lorsqu’il parle des répercussions du progrès technique sur l'alimentation moderne. Il compare la situation française à celle d'autres pays.

On imagine déjà en 1964 devoir consommer un jour des gélules de clorel ; plancton dont les valeurs nutritives équivalent à celles de la viande.

On se questionnait alors de savoir si les humains de l’an 2000 seraient contraints de manger des pilules.

[1] Anon, Le pain et le vin de l’an 2000. Ina.fr. Available at: http://www.ina.fr/video/CPF86656450 [Accessed November 15, 2014].

[2] Le goût du goût. Available at: http://www.ina.fr/video/CPF86634811 [Accessed May 3, 2014].

Tag(s) : #histoire

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